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© INSTITUT DU TOUT-MONDE

Droit d'hospitalité par Sylvie Glissant


L’hospitalité ne saurait se définir par la seule condition de l’accueil que nous offrons, que nous consentons à l'autre.

L'hospitalité, plus qu'un geste ou une action, est un lieu qui s'ouvre.

Le lieu de l'apparition de l'autre, et de nous-mêmes, d'une présence , d'une co-incidence qui fait trace.

L'hospitalité est le point de départ de tout tracé d'architecture d'un espace traversant où l'on y partage l’air et la lumière, et la présence : la présence de « soi dérivé à l'autre » (1), en multilogue, où nous parlons , en premier lieu, dans la réception de l'autre, et non plus dans la seule adresse vers lui. Les parois sont mouvantes, les séparations liquides, comme celles du partage des eaux des mangroves, lieu de rencontre puis d'émergence du vivant.

Le droit d'hospitalité est le droit d'entrer dans les mêmes espaces traversants que sont les frontières naturels des montagnes, des déserts, des forêts, où depuis toujours les marcheurs de tous les horizons s’accompagnent, dérivent ensemble, inventent des contes et créent des langues qui deviennent des créoles : ces parlers qui se sont organisés en langues et en récits, à partir de l’événement de la rencontre et transportent pour nous tous de fertiles semences poétiques.

Le droit à l’hospitalité doit devenir, maintenant, un droit traversant de toute Cité, l'émergence même de la « polis » où tout citoyen, arrivant ou autochtone, ne se constitue pas en l’unique habitacle d’une identité.

L’espace traversant est en nous-mêmes...

Repenser le lieu, le lieu de Nous-mêmes est notre état d'urgence.

Sony Labou Tansi nous montrait le chemin et posait déjà la question, la première certainement : « Où est l’homme? ».

La question n’est plus la définition de l’identité , celle du migrant, celle de l'hôte , ou de celui qui se garde en prévention de l'étrangeté de l'autre , mais de connaitre le lieu où nous sommes venus en présence , le site de l’apparition de nous même ... de nos corps à corps... Faire de ce Nous le « principe même du monde » (2) ? un Nous qui « rallie les rives et marrie les horizons » (3)....


(1)Édouard Glissant, in Traité du Tout-Monde

(3) idem

(2) Anaxagore

Le dimanche 20 mai 2018, à Saint-Malo, les écrivains, artistes et réalisateurs réunis pour le festival Etonnants Voyageurs appellent la communauté internationale à réagir face au désastre humanitaire qui accompagne les migrations. Voici l'intégralité de la déclaration rédigée par Michel Le Bris, Patrick Chamoiseau et Mireille Delmas-Marty.

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« Face au désastre humanitaire qui accompagne des migrations d'une ampleur sans précédent, les surenchères répressives qui tiennent lieu de politique des migrations sont un déni de réalité. Les écrivains, artistes et réalisateurs réunis à Saint-Malo appellent la Communauté internationale à mettre en place une gouvernance mondiale nourrie de nos traditions multiséculaires et de nos imaginaires. L'urgence est à la construction d'un principe d'hospitalité qui deviendrait opposable aux États.


Le point de départ est le constat d'interdépendance. Comme l'a reconnu l'Assemblée Générale des Nations Unies en 2016 « aucun Etat ne peut à lui seul « gérer des déplacements massifs de réfugiés et de migrants ». Les conséquences, qu'elles soient « politiques, économiques, sociales, développementales ou humanitaires » atteignent non seulement les personnes concernées et les pays d'origine mais les pays voisins et ceux de transit, ainsi que les pays d'accueil.


Comme pour le climat, l'interdépendance appelle un devoir de solidarité qui mobilise de multiples acteurs bien au-delà du dialogue interétatique. Des scientifiques (les climatologues sont remplacés par démographes et anthropologues) deviennent lanceurs d'alerte et veilleurs. Des collectivités territoriales (Etats fédérés et grandes villes) s'engagent. Des partenariats s'organisent avec les migrants et les  diasporas et plus largement avec la société civile dans sa diversité : ONG et syndicats, citoyens spontanément solidaires malgré les risques de poursuite pénale.


Il reste à mettre en œuvre  les responsabilités « communes et différenciées » des États. Communes parce que les objectifs sont les mêmes : des migrations « sûres, ordonnées et régulières ». Différenciées parce qu'elles varient nécessairement d'un pays à l'autre selon des critères à définir : quantitatifs, comme la population, le PIB, le nombre moyen de demandes, ou le taux de chômage ; qualitatifs comme le passé historique ou la situation socioéconomique. 


La force et la faiblesse de ce modèle de gouvernance mondiale est qu'il repose essentiellement sur la bonne volonté des acteurs. Pour être efficace, il doit être pleinement reconnu en termes de légitimité. La célébration des 70 ans de la Déclaration universelle des droits de l'homme, en décembre 2018, est l'occasion de cette reconnaissance. À l'image du développement durable qui a permis de pondérer innovation et conservation, le principe d'hospitalité, régulateur des mobilités humaines,  permettrait de pondérer exclusion et intégration et d'équilibrer les droits et devoirs respectifs des habitants humains de la Maison commune. »



                                                                                                Michel Le Bris - Patrick Chamoiseau - Mireille Delmas-Marty

                                                                                                                                                      Saint-Malo, le 20 mai 2018

  

Voir le site de SOS Méditerranée :

François Gabart, deuxième de la Route du Rhum 2018 :

« En tant que marin, ça me choque que des migrants

meurent tous les jours en mer. »


«Je n’ai pas de mots pour décrire le drame des migrants. Je soutiens l’association SOS Méditerranée. En tant que marin, ça me choque que des gens meurent tous les jours en mer. Les actions et initiatives citoyennes sont très importantes. C’est peut-être par l’individu que la solution viendra.»

L'édition 2018 du Prix Carbet de la Caraïbe et du Tout-Monde, dont la thématique est « Une traversée du monde, solitaire et solidaire » tient à saluer l'engagement de François Gabart, deuxième de la Route du Rhum 2018, de Kito de Pavant ainsi que d'autres marins de cette épreuve sportive, en faveur des migrants et de l'action de l'ONG « SOS Méditerranée ». Ces marins qui connaissent plus que tout autre les réalités des mers et des océans expriment cette année une solidarité appuyée avec ceux qui tous les jours bravent les éléments dans leur traversée de la Méditerranée, au péril de leur vie. Ces marins appuient l'action mise en œuvre par SOS Méditerranée pour venir en aide aux migrants. Nous nous joignons à cette solidarité active.

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Le Prix Carbet 2018 salue l'engagement de François Gabart, deuxième de la Route du Rhum,

de Kito de Pavant et d'autres marins  en faveur des migrants et de SOS Méditerranée



  

(Édouard Glissant, Une nouvelle région du monde, 2006)

"Nous avons rendez-vous où les océans se rencontrent..."