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Avec la participation de Juliette Éloi-Blézès, qui fut l'une des figures marquantes de l'aventure de l'IME et qui livrera son témoignage sur ce que représenta en Martinique cette expérience exceptionnelle de l'Institut martiniquais d'études.

Reprise de la programmation

en septembre 2018 

Programme précisé

ultérieurement sur le site

  

Corinne Mencé-Caster est professeur à l'Université Paris-Sorbonne en linguistique hispanique au sein du CLEA (Laboratoire Civilisations et littératures d'Espagne et d'Amérique du Moyen-Âge aux Lumières, EA4083). Présidente de l'Université des Antilles de 2013 à 2016, Corinne Mencé-Caster est médiéviste, linguiste spécialiste de traductologie. Sous son nom de plume Mérine Céco, elle est l'auteur de La mazurka perdue des femmes couresse (2013), Au revoir Man Tine (2016) aux éditions Écriture et sous le nom de Mencé-Caster, entre autres de Mythologies du vivre-femme chez Persée en 2016.

Dans une acception élargie et adéquate de l'œuvre, l'action de fondateur d'Édouard Glissant peut se concevoir comme la continuation dans l'action, des schèmes de l'œuvre conceptuelle et littéraire. L'aventure de l'Institut martiniquais d'études fondé par l'écrivain en 1967 à son retour en Martinique, sera considérée sous cet angle, avec certains de ceux qui y ont participé et comme invité d'honneur l'artiste plasticienne Federica Matta, ancienne élève de l'IME. D'elle et de son art, Édouard Glissant disait : « Il arrive que Federica crée des sirènes, dont les robes d'écailles sont des manteaux d'étoiles, étincelants comme un pétale multicolore ou comme la flamme d'un soleil. » (Ormerod).

Vendredi 25 mai 2018 - CORINNE MENCÉ-CASTER (Université Paris-Sorbonne),

« La réception de l'œuvre d’Edouard Glissant à l’épreuve des Antilles »

Mardi 11 juin 2018 - UNE HISTOIRE DE L'IME, AVEC FEDERICA MATTA

Loïc Céry dirige le pôle numérique de l'ITM où il coordonne par ailleurs les cycles pluridisciplinaires Traduction et Penser la Caraïbe, penser le monde. En 2006 il fonde La nouvelle anabase, revue d'études persiennes et en 2011 l'IFUPE (Institut du formation universitaire pour étudiants étrangers). Spécialiste de Saint-John Perse et d'Édouard Glissant, il a consacré également plusieurs études à Senghor, Chamoiseau, les expressions littéraires de la mémoire de l'esclavage, le racisme, l'intertextualité, la traduction littéraire, la diffusion numérique des savoirs. Il publie prochainement un essai sur les conceptions de Glissant en matière d'histoire et de mémoire de l'esclavage.


Lecture d'un extrait de La Case du commandeur par Sophie Bourel.

SESSION

2018-2019

PRÉSENCES

D'ÉDOUARD GLISSANT

« Béhanzin, Beauregard, Marajo, Marny, Chalvet : référents et archétypes de l'histoire martiniquaise dans le roman glissantien »


À la faveur de cinq cas emblématiques de l'insertion de l'histoire contemporaine de la Martinique dans le corpus romanesque d'Édouard Glissant, il est possible d'examiner à la fois certaines lacunes des lectures critiques effectuées jusqu'alors à son endroit, et de formuler de nouvelles propositions en la matière. Car c'est autant en prenant en compte une certaine relégation longtemps réservée dans le discours critique à ces référents pourtant cruciaux, que par une attention renouvelée et minutieuse à leur transposition archétypale qu'opère Glissant dans ses romans, qu'on peut être à même de mesurer l'écart entre une vision généralisatrice de son écriture fictionnelle de la part d'une certaine doxa, et un souci de l'ancrage dans le réel qui n'a jamais abandonné le romancier comme le penseur. En suivant les pistes de ces transpositions, on pourra accompagner l'écrivain dans certains de ses questionnements fondamentaux : qu'est-ce qu'un événement historique ? qu'est-ce qu'une communauté en devenir ? qu'est-ce que le colonialisme au XXe siècle ? qu'est-ce qu'une représentation du lieu, du monde et du temps ?


  

SÉANCE INAUGURALE DE LA SESSION 2018-2019 - Loïc Céry       Mercredi 28 mars 2018, 19h   Paris, Maison de l'Amérique latine

Par l'équipe scientifique de l'Institut du Tout-Monde

Loïc Céry,

pour l'Institut du Tout-Monde

« Peu l'ont vraiment compris. Beaucoup l'ont admiré. Voici venu le temps de le lire ! »  Aux lendemains de la mort d'Édouard Glissant en 2011, c'est par cette formule lapidaire d'Ernest Pépin qu'a certainement été le mieux résumée la situation de l'œuvre glissantienne, autant quant à sa réception critique que quant à sa diffusion. Cette situation qui peut sembler paradoxale pour un écrivain tant célébré de son vivant est d'ailleurs en soi canonique du rapport contradictoire et inversé, entre la notoriété d'une part et la connaissance intime d'une œuvre et d'une pensée d'autre part. Car on peut effectivement le dire, sans exagération : alors même que certains de ses concepts-clés (la Relation, le Tout-Monde, la créolisation, pour ne citer que ceux-là) ont pu connaître du vivant même de l'écrivain une fortune considérable, il demeure que l'œuvre protéiforme à laquelle s'adossent ces idées est encore aujourd'hui largement méconnue. En fin de compte, cette fortune même fut à double tranchant, car elle aura suffi aussi à réduire notre rapport à l'œuvre à une suite de mots-concepts finalement vidés de leur intime densité (celle de la littérature et celle de la pensée), à force d'être brandis et détachés du flux et du reflux des textes, infiniment plus riches qu'un simple corpus notionnel.

 

Conscient de cette sorte de hiatus, Édouard Glissant aura pourtant poursuivi jusqu'au bout la patiente édification du massif des essais, des romans, de la poésie et du théâtre en se souciant à peine du « diffèrement » qui concernait aussi la lecture de son œuvre. Il avait finalement résolu la question en proclamant que ses lecteurs seraient futurs. Aujourd'hui où la patine du temps commence à jouer son rôle dans notre rapport à ces textes nombreux et exigeants, le paradoxe s'amplifie encore en prenant en compte le regain considérable des études spécialisées que suscite une pensée qui semble elle-même devancer nos relectures, être en amont de toutes les exégèses. Et c'est certainement en prenant la pleine mesure de cette nouvelle vie d'une œuvre réputée pour sa complexité qu'il faut dépasser l'apparent paradoxe, en constatant comme le fit Edwy Plenel toujours en 2011 : « Loin de s'achever avec sa mort, le siècle de Glissant ne fait donc que commencer. »


Les voies sont nombreuses, indéniablement, pour suivre aujourd'hui les linéaments de ce nouveau siècle de l'œuvre qui commence tout juste. Parmi ces pistes porteuses de traces, s'annonce une lecture approfondie, qui ne soit plus tributaire de la glose mais soucieuse d'un éclairage qui situe son office au plus près des textes, de leur puissance intrinsèque, de la structuration des genres et des intenses dialogues qu'ils tissent entre eux. Autant de voies de lectures renouvelées qui seront empruntées à la faveur de cette session 2018-2019 du Séminaire, ouvert au renouvellement des approches critiques.

« Rien n'est vrai, tout est vivant » : tel fut le dernier apport d'Édouard Glissant en 2010 au Séminaire de l'Institut du Tout-Monde qu'il avait fondé. Aujourd'hui sans doute avec plus de netteté qu'auparavant, cet ultime credo nous apparaît aussi comme la clé décisive, le sésame à la fois fugace et tangible, la pierre philosophale intimidante et accueillante, de toute son œuvre. À nous de pouvoir nous saisir à vif de ces relectures propitiatoires à l'éclat en nous de cette puissance vitale de l'œuvre, « Levée de tous dans l'œuvre et de l'œuvre dans tous » aurait dit Perse, de ce kairos des nouvelles présences d'Édouard Glissant.

PROGRAMMATION DES SÉANCES À VENIR

  

© INSTITUT DU TOUT-MONDE

(Édouard Glissant, Une nouvelle région du monde, 2006)

"Nous avons rendez-vous où les océans se rencontrent..."

  

SESSIONS

ANNUELLES

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ENTRÉE LIBRE

Comme pour les sessions précédentes, les séances auront lieu à 19h, à la Maison de l'Amérique latine, 217 Bd. Saint-Germain, Paris 7e (M° Solférino).

SÉMINAIRE DE L'INSTITUT DU TOUT-MONDE