La dernière séance de cette année exceptionnelle consacrée à la mémoire d'Édouard Glissant accueillera, le 31 mai, une conférence de Romuald Fonkoua, et sera suivie par un film inédit sur Édouard Glissant à Carthage de Jean-Denis Bonan et par une discussion en présence de Patrick Chamoiseau. François Noudelmann
Jeudi 31 mai 2012, à 19h, à la Maison de l'Amérique latine, 217, bd Saint-Germain, 75007 Paris (métro Solférino)
-- Conférence de Romuald Fonkoua :
Édouard Glissant : Réflexions sur un « art poétique » postcolonial
Résumé : L’œuvre d’Édouard Glissant interroge depuis ses débuts les conditions et la réalité d’un art poétique chez les peuples issus des esclavages et des colonisations modernes. De L’intention poétique à La terre le feu l’eau et les vents, de La Lézarde à Tout-monde, cette communication tentera de saisir les relations que la pensée du fondateur de l’Institut du tout-monde établit de façon dynamique et vivante entre les différents aspects de cette question esthétique.
Romuald Fonkoua est professeur de littérature française et francophone à l’université de Strasbourg ainsi qu’au French School de Middlebury College (Vermont, USA). Sa recherche porte autant sur les écritures d’Afrique noire que des Caraïbes auxquelles il a consacré de nombreux articles et ouvrages. Il a publié notamment Aimé Césaire (Perrin, 2010, Prix du Sénat du Livre d’Histoire et prix Robert Delavignette de l’Académie des Sciences d’outre-mer 2010), Essai sur une mesure du monde. Edouard Glissant (Champion 2002).
-- Film de Jean-Denis Bonan
Carthage Édouard Glissant
Film documentaire de 55 minutes
Édouard Glissant se rend pour la première fois à Carthage, ville qu’il a souvent chantée. Ici, parmi les ruines de Carthage, dans les paysages marins, sur la terre froissée par le vent, Glissant croise l’histoire réelle et l’histoire imaginée, les mythes et l’actualité du monde. C’est avec une parole simple et vivante, que Glissant évoque les notions philosophiques qui l’ont conduit à élaborer son rêve du Tout-monde où la tremblante pensée du divers s’épanouira à l’opposé de la pensée de l’UN. “Alors que le métissage est une rencontre et une synthèse entre deux différents, la créolisation, elle, est un métissage sans limites aux éléments démultipliés et vouée à l'imprévisible… La créolisation est un métissage d'arts ou de langages qui produit de l'inattendu.” Le film se déroule essentiellement sur l'emplacement de la cité punique que Glissant, jusque-là, n'avait qu'imaginée. C'est à travers la découverte des lieux réels qu'il tressera ses liens avec l'histoire et sa relation au monde d'aujourd'hui et de demain.
Jean-Denis Bonan, né en Tunisie, imprégné des cultures méditerranéennes, est cinéaste et artiste plasticien. Il a signé de très nombreux films pour les télévisions, il a réalisé des fictions, des documentaires, des vidéos d'art. Parmi ses réalisations : Le Joli moi de mai (1968), Saint-John Perse (1995), Un chant nègre, Leopold Sedar Senghor (2006). Il a exposé ses œuvres plastiques dans de nombreux pays.








