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Par Loïc Céry, Directeur du pôle numérique de l'ITM

"Les Dossiers de l'Institut du Tout-Monde" vous proposent des focalisations sur certains points liés à la philosophie générale de l'institut. Les créolisations, l'idéal de Relation, la trame plurielle et tremblée des interculturalités agissantes : les axes, en somme, qui furent ceux qu'Édouard Glissant avait voulus aux fondements de l'Institut du Tout-Monde, quand il le fondait en 2006. Une approche intuitive que nous déclinerons au gré de ces nouvelles propositions du site.

C'est en 2010, dans un album en hommage à Billie Holiday (Eleanora Fagan, 1915-1959 : To Billie with love from Dee Dee Bridgewater), que Dee Dee Bridgewater enregistre sa version de Strange fruit, version elle aussi très habitée, de la part d'une chanteuse de jazz qui a toujours voulu saluer l'énorme tracvail effectué par ses aînées, qu'il s'agisse de Billie Holiday ou d'Ella Fitzgerald.

Dee Dee Bridgewater (2010)

La carrière fulgurante de Jeff Buckley, disparu prématurément en 1997, confère à toutes ses interprétations un caractère légendaire conforme  à cette sorte de météore de la musique des années quatre-vingt dix. C'est en 2003 qu'est sorti un album posthume de ses quelques-une de ses performances en public, dont cette version très "habitéee" de Strange fruit, comportant une longue introduction musicale.

Jeff Buckley (version éditée en 2003)

D'Abel Meeropol à François Villon : les intertextes de Strange fruit


En choisissant le motif du pendu, celui des arbres portant comme "fruits" les cadavres défigurés par la pendaison, celui du vent passant sur les pendus, celui de la récolte absurde qui en découle, en choisissant donc volontairement ces éléments de composition de son texte, Meeropol relie la scène à une filiation poétique précise, dans laquelle tout ce dispositif constitue un imaginaire spécifique, né et développé dans la poésie française. En fait, comme cela a déjà été mis en lumière, Meeropol dessine avant tout un intertexte prégnant avec un poème fameux de Théodore de Banville connu sous le titre Le verger du Roi Louis, tiré de sa piéce de théâtre en un acte Gringoire, représentée pour la première fois en 1866. Comme il est quasiment d'usage dès que l'on commence à dérouler le fil d'un intertexte (où on est souvent confronté à plusieurs références enchâssées les unes dans les autres, une œuvre appelant la trace d'une autre), la précision s'impose ici, dans la nomination même des œuvres : ainsi, il faut savoir que le vrai titre de ce poème de Théodore de Banville, qui constitue une ballade à l'intérieur même de sa pièce Gringoire, est en fait  Ballade des pendus, et non Le verger du Roi Louis. Alors bien sûr, on s'écriera tout de suite que non, et que La Ballade des pendus est le titre du fameux poème de François Villon. Eh bien non : le poème de François Villon (1460), auquel le texte de Banville fait référence en intertexte, a pour titre réel Frères humains, titre usuel, après avoir été longtemps nommé Épitaphe Villon. Il importe surtout en l'espèce, de retenir cette double filiation de Strange fruit : filiation directe avec Le verger du Roi Louis de Thédore de Banville, et filiation indirecte avec La Ballade des pendus de François Villon dont est inspiré le texte de Théodore de Banville. Tout cette génalogie intertextuelle étant fixée, il faut surtout en distinguer la signification profonde : en choisissant de s'inspirer du poème de Théodore de Banville, Abel Meeropol ne choisit pas seulement une suite de motifs commodes, mais désigne un imaginaire précis, dont relève justement le texte de Théodore de Banville. La pièce Gringoire dont est extrait le texte est une évocation fictionnelle d'un poète devenu légendaire, contemporain à quelques années près de François Villon d'ailleurs, Pierre Gringore (1475-1539), présenté dans l'œuvre comme poète protestataire contre le trône, alors qu'en fait il fut un protégé de Louis XII, qui favorisa en revanche ses textes antipontificaux. Dans la scène IV de la pièce, Gringoire, jeune poète subversif, lit au roi Louis XI sa Ballade des pendus qui dénonce les multiples pendaisons dont fut en effet responsable ce roi sanguinaire dont la justice plus qu'expéditive est devenue proverbiale et qui avait acquis la réputation de faire peur aux arbres (rappelons que son règne va de 1461 à 1483). Les "forêts de gibets" avaient été multipliées sous Louis XI, et celle de Montfaucon près de Paris est célèbre. Cette Ballade des pendus sera mise en musique par Georges Brassens en 1960 sous le titre Le verger du Roi Louis, et demeure une dénonciation des crimes  de l'absolutisme. Abel Meeropol visait donc par cet intertexte l'universalité de la révolte contre l'injustice et ses crimes banalisés.


Le motif de Thédore de Banville du verger porteur de pendus rejoint donc celui des arbres porteurs de pendus lynchés dont se sert Meeropol, dont le texte réinvente les images utilisées par le poète français, au gré de tout un réseau intertextuel dont je propose ici le relevé :

  

C'est une histoire de violence et de conscience que celle de la trajectoire de Strange fruit. Écrit dans des années de périls par un humaniste prèt à braver tous les ostracismes, incarné par une icône du jazz, repris par la suite par des dizaines de musiciens, ce chant n'a cessé de représenter les luttes contre la sauvagerie du racisme. Martin Luther King avait-il en mémoire ces "Black bodies swinging in the southern breeze" quand le 28 août 1963 il prononçait son discours "I have a dream" devant le Lincoln Memorial de Washington, avec ses mots eux-mêmes immortels ? Ce que laissent deviner en tout cas les accents qu'eut ce jour-là celui qui devait aussi être assassiné cinq ans plus tard, c'est la continuité et l'opiniâtreté de la lutte qu'avait symbolisé ce chant de refus de l'injustice.

EN GUISE D'ÉPILOGUE

Invitée des Matins de France Culture de Marc Voinchet le 7 mai 2015, Christiane Taubira, découvrant la version de Strange fruit par Kanye West, livre son impression.

Et qu'en pense... Christiane Taubira ?

Quand une actuelle star du rap s'empare de Strange fruit, c'est pour en faire aussi un hommage à l'une de ses plus grandes interprètes, Nina Simone. Kanye West a enregistré sur son album Yeezus sorti en 2013 une version "samplée" de l'interprétation de 1965 de Nina Simone sous le titre Blood on the leaves, à laquelle ont été bien sûr ajoutés quelques "punchlines" chocs, dans le droit fil du message politique de la chanson.

L'enregistrement de Kanye West sample la version de Nina Simone et lui confère une toute nouvelle modernité.

Kanye West (2013)

Cassandra Wilson, chanteuse américaine de jazz de la nouvelle génération a enregistré en 1996 une version particulièrement bien instrumentalisée de Strange fruit, une interprétation d'une puissance concentrée. Aborder un tel standard pour une chanteuse de jazz d'aujourd'hui, c'est savoir trouver les voies d'une personnalisation indispensable et ici, l'alchimie opère.

Cassandra Wilson (1994)

La chanteuse américaine Tori Amos, au style si particulier a enregistré sa version de Strange fruit en 1994, et en a livré la motivation en disant qu'elle avait pensé en le faisant, à son grand-père Indien cherokee qui avait été victime de la discrimitation raciale. Une interprétation tout en retenue et en densité.

Tori Amos (1994)

Autre grand nom de la pop music des années quatre-vingt, Annie Lennox, la chanteuse du fameux duo Eurythmics, a enregistré sa splendide version de Strange fruit en 2014, sur son album Nostalgia. Encore un engagement ancien contre le racisme, qui provient des mobilisations des années quatre-vingt, explique le choix de Strange fruit, sur un album consacré par ailleurs aux grands standards du jazz des années trente et quarante.

Annie Lennox a enregistré Strange fruit  en 2014 sur

son album de reprises Nostalgia. Une superbe version.

Annie Lennox (2014)

C'est dès leur premier album en 1980 que le groupe britannique UB40 enregistre sa version de Strange fruit. On connaît là encore l'engagement très prononcé de ce groupe contre le racisme et l'Apartheid. L'interprétation, on ne s'en étonnera pas de la part du goupe, livre une version reggae de la chanson, inattendue et dans l'air du temps (c'est aussi la grande époque de Bob Marley).

UB40 (1980)

et de blues, en hommage d'ailleurs à Billie Holiday, on remarque que le clip de la chanson reprend des images du film de 1972, avec cette fois-ci l'interprétation (très belle d'ailleurs) de la version complète de la chanson. Comme quoi, Strange fruit restait encore très sulfureux en 1972.

Sting interprète Strange fruit en 1987, accompagné par l'orchestre du jazzman Gil Evans, un an avant la mort de ce dernier.

C'est en 1987 que Sting interprète Strange fruit avec l'orchestre du jazzman Gil Evans, lors du festival d'Umbria en Italie. Il a choisi une référence du modern jazz pour interpréter le titre, mais il faut surtout se souvenir que la fin de ces années quatre-vingt sont celles des engagements planétaires, non seulement pour la libération de Nelson Mandela, mais aussi pour l'abolition de l'Apartheid en Afrique du Sud. Sting est de tous ces combats, menant des campagnes intenses et participant activement aux mobilisations et aux grands concerts de l'époque. Son engagement pour la fin de l'Apartheid est très fort et son attachement à l'Afrique du Sud ne se démentira pas dans le temps. En choisissant Strange fruit en 1987, Sting fait volontairement usage d'une arme politique si importante pour rappeler les ravages du racisme.

Sting et Gil Evans (1987)

À droite, les deux interprétations, mais aussi l'intervention de Diana Ross lors de l'hommage rendu par le Hall of Fame à Billie Holiday en 2000. Le fait d'avoir interprété au cinéma la vie de Billie Holiday rend Diana Ross particulièrement sensible au rôle qu'eut Strange fruit pour la chanteuse de jazz. Et bien sûr, il s'agit surtout de prendre la suite de la transmission de cette chanson, pour une interprète qui a également vécu la fièvre du mouvement des droits civiques dans les années soixante, au moment où elle était l'une des égéries de la Tamla Motown avec les Supremes.

Lors de l'hommage rendu à Billie Holiday par le Hall of Fame en 2000, Diana Ross entonne a capella Strange fruit à la tribune.

En 1993, Diana Ross reprend les images du film pour y faire figurer en

bande sonore son interprétation de la version complète de la chanson.

Extrait de Lady sings the blues, Film de Sidney J. Furie (1972), avec l'interprétation en partie tronquée de Strange fruit par Diana Ross.

En 1972, Diana Ross avait chanté Strange fruit dans la bande originale du biopic tiré de la vie de Billie Holiday, dont elle interprétait le rôle : Lady sings the blues réalisé par Sidney J. Furie (musique de Miche Legrand, production Berry Gordy). Elle a enregistré le titre en 1993 sur l'album Stolen moments - The lady sings jazz and blues. Mais ce qui est particulièrement intéressant dans cette histoire est que dans le film, au moment où est chanté Strange fruit, il se trouve que la chanson est tronquée (notamment de ses descriptions les plus crues). S'agit-il d'une intention du metteur en scène destinée à ne pas "heurter" le public auquel était destiné le film (par ailleurs très mélodramatique), ou alors, ce qui serait plus grave, d'une réelle censure ? En tout cas, cette troncature-là est particulièrement mal venue. Il faut croire qu'elle a été mal vécue par Diana Ross elle-même puisque quand, plus de vingt ans plus tard, en 1993, elle enregistre un disque comportant quelques grand standards de jazz


  

Diana Ross (1972, 1993)

Les reprises de Strange fruit : la fonction des "réappropriations"


Il n'est pas fortuit que dans la plupart des cas, Strange fruit est réinterprété pas les musiciens et chanteurs qui en prennent l'initiative, comme autant de réappropriations au sens fort du terme. Tout se passe, dans ces nouvelles versions, qui se sont à nouveau multipliées ces dernières années, comme si chacun voulait par ce geste, faire sienne la chanson, dans le sens en particulier, d'une "personnalisation" non seulement de l'interprétation proposée, mais aussi des raisons même d'en proposer de nouvelles. Ainsi, chacun de ces nouveaux interprètes a une raison particulière d'intérioriser le message politique que porte Strange fruit, venant du coup renouveler son actualité. La revue des quelques cas sélectionnés ici en portera témoignage. Je précise encore que pour ma part, je distingue toutes ces nouvelles versions, de celle de Nina Simone de 1965, car même si elle intervient après l'interprétation fondatrice et à jamais singulière de Billie Holiday, Nina Simone a réussi par son interprétation, au cœur du moment du mouvement pour les droits civiques, à prolonger en quelque façon celle de Billie Holiday dont elle est à mon sens complémentaire au point de constituer avec elle une sorte de "diptyque".

Illustration de l'édition de 1500 de Frères humains (dit La Ballade des pendus) de François Villon

En comparaison de cet intertexte direct, celui qui relie Strange fruit à Frères humains de François Villon est bien sûr moins évident, étant surtout la source d'inspiration de Théodore de Banville (jusque dans l'identification du personnage de Gringoire à la figure à la fois héroïque et maudite de Villon). Pierre Gringore fournira encore à Victor Hugo dans Notre-Dame de Paris le motif du personnage de poète également nommé Gringoire. Il est à remarquer que dans son adaptation musicale du poème de Banville, Georges Brassens utilise une ligne mélodique rappelant les chants de troubadours (ce qu'il fera aussi dans Le petit joueur de flûteau), qui convient bien au personnage médiéval de Gringoire. Dans les deux cas (le texte et sa mise en musique), le registre de la diatribe contre les crimes du pouvoir royal est voulu. Si on rapporte cette conjonction au cas de Strange fruit, là aussi le texte et sa musique servent la violente dénonciation du racisme qu'exprime l'œuvre.


En inscrivant son texte dans cet intertexte riche, Abel Meeropol a voulu conférer à son poème une valeur universelle de chant de révolte qui constitue l'assise la plus durable de sa postérité : cette généalogie politique et poétique d'une dénonciation de l'arbitraire a su atteindre un caractère général qui permet aussi de comprendre pourquoi et comment il est encore réinterprété aujourd'hui.

Réseau des images intertextuelles

dans Strange fruit d'Abel Meeropol




Black bodies swingin' in the Southern breeze


Strange fruit hangin' from the poplar trees

Southern trees bear a strange fruit








Here is a fruit (...)

For the sun to rot









Here is a fruit (...)

For the rain to gather


for the crows to pluck




Here is a strange and bitter crop

Théodore de Banville, Ballade des pendus

(dite Le verger du Roi Louis), extrait de Gringoire


Sur ses larges bras étendus,

La forêt où s’éveille Flore,

A des chapelets de pendus

Que le matin caresse et dore.

Ce bois sombre, où le chêne arbore

Des grappes de fruits inouïs

Même chez le Turc et le More,

C’est le verger du roi Louis.



Tous ces pauvres gens morfondus,

Roulant des pensers qu’on ignore,

Dans des tourbillons éperdus

Voltigent, palpitants encore.

Le soleil levant les dévore.

Regardez-les, cieux éblouis,

Danser dans les feux de l’aurore.

C’est le verger du roi Louis.


Ces pendus, du diable entendus,

Appellent des pendus encore.

Tandis qu’aux cieux, d’azur tendus,

Où semble luire un météore,


La rosée en l’air s’évapore,

Un essaim d’oiseaux réjouis

Par-dessus leur tête picore.

C’est le verger du roi Louis.


Prince, il est un bois que décore

Un tas de pendus enfouis

Dans le doux feuillage sonore.

C’est le verger du roi Louis !

Extrait de la scène IV de Gringoire, la pièce en un acte de Théodore de Banville dans laquelle le personnage principal lit au roi Louis XI sa Ballade des pendus.

À droite, Théodore de Banville (1823-1891), le grand poète parnassien découvreur de Rimbaud, et auteur de la Ballade des pendus inspirée de Villon, qui inspira Abel Meeropol pour Strange fruit.

Georges Brassens met en musique en 1960 le poème Ballade des pendus de Thédore de Banville, sous le titre Le verger du Roi Louis.

Une postérité ancrée : intertextes et reprises


En retraçant l'impact de Strange fruit, c'est certainement une loi assez imparable des conditions de la postérité d'une œuvre qui se vérifie : pour qu'une œuvre donc atteigne ce statut, il faut déjà qu'elle ait partie liée avec une certaine "universalité", même si on a appris à se méfier de ce terme (a-t-on raison, d'ailleurs ? - le débat serait long). En tout cas, en écrivant son texte, l'homme de culture, le fin lettré qu'était Abel Meeropol (professeur de littérature anglaise en son lycée Dewitt Clinton) a "de toute évidence" pourrait-on dire, voulu lui conférer une valeur universelle. Il ne faut donc pas s'étonner si c'est justement cette universalité qui a frappé au fil du temps, permettant d'expliquer pourquoi ce chant est devenu très vite un classique, dépassant même la seule occurrence qu'il exprime avant tout en effet, celle des lynchages racistes dans le Sud des États-Unis. Cet aspect de transcendance, il faut le croire, a été volontairement pensé par son auteur, et c'est en cette vertu-là qu'on a pu à juste titre identifier ce chant à une révolte devant tout crime fondé sur l'arbitraire et l'injustice institutionnalisée. Et c'est encore cette universalité qui motive la tradition des reprises, des nouvelles interprétations de Strange fruit.







 

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LES DOSSIERS DE L'INSTITUT DU TOUT-MONDE


  

(Édouard Glissant, Une nouvelle région du monde, 2006)

"Nous avons rendez-vous où les océans se rencontrent..."

  

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STRANGE FRUIT : HISTOIRE D'UN CHANT