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Le passage de Louis Sala-Molins en 1981 dans l'émission Apostrophes de Bernard Pivot révèle au grand public ce brillant intellectuel, professeur de philosophie politique en Sorbonne, à l'accent catalan chantant et à la véhémence caractéristique. Ce soir-là, c'est face à l'évèque Monseigneur Paul Poupard qu'il présente son ouvrage Le dictionnaire des Inquisiteurs.

En 2014, avec Esclavage Réparation. Les lumières des capucins et les lueurs des pharisiens (Éditions Lignes, 2014), Sala-Molins remet en lumières des textes méconnus de deux moines capucins, Francisco José de Jaca et Épiphane de Moirans qui, en plein XVIIe siècle, dénoncent avec force l'inhumanité de l'esclavage et demandent réparation. Et le tout, permettant de contester brillamment l'objection d'anachronisme maintes fois exposée à l'encontre du si contemporain débat concernant les réparations à envisager à propos du passé esclavagiste des sociétés européennes. La contribution au débat sur la légitimité de la demande de réparations est ici incontestable, et de la plus haute tenue.


Louis Sala-Molins dérange les  conformismes de pensée. Il s'est ainsi attiré les inimitiés et parfois l'hostilité de certains milieux intellectuels acclimatés au confort rassurant des faits tenus pour acquis. Ses apports sont à envisager dans la perspective d'une œuvre riche de médiéviste et de dix-huitiémiste : des apports cruciaux dans le champ de la réflexion relative à l'histoire et à la mémoire du phénomène esclavagiste. Au-delà même des débats toujours féconds - et qui ont en cela toute leur légitimilté -, il est juste que soit aujourd'hui rendu un réel, un fervent et un durable hommage au travail exceptionnel de Louis Sala-Molins. C'est aussi ce à quoi voudrait contribuer cette séance du cycle.

Entretien avec Louis-Sala-Molins, "Histoire vivante" (Radio-Télévision suisse, 24 novembre 2014), à propos de son ouvrage Esclavage Réparation. Les Lumières des capucins et les lueurs des pharisiens (Éditions Lignes, 2014).

En 2014, une mention spéciale du jury du Prix Carbet, pour Esclavage Réparation. Les lumières des capucins et les lueurs des pharisiens.

Dans l'œuvre de Sala-Molins, trois textes phares sont à retenir en matière d'esclavage : Le Code noir ou le calvaire de Canaan (PUF, 1987, plusieurs fois réédité) ; Les misères des Lumières. Sous la Raison l'outrage (Homnisphères, 2008) ; Esclavage Réparation. Les lumières des capucins et les lueurs des pharisiens (Lignes, 2014) - ouvrage pour lequel Louis Sala-Molins s'est vu décerner le Prix Carbet de la Caraïbe et du Tout-Monde ex æquo en 2014.

Le 17 décembre 2014, la 25e édition du Prix Carbet de la Caraïbe et du Tout-Monde récompensait Fabienne Kanor, mais réservait une mention spéciale à Louis Sala-Molins, pour son ouvrage Esclavage Réparation. Les lumières des capucins et les lueurs des pharisiens, saluant par là-même la part consacrée à l'histoire de l'esclavage et de la traite négrière, dans l'œuvre de Sala-Molins. Mention du jury : « À Louis Sala-Molins, pour son essai Esclavage Réparation. Les lumières des capucins et les lueurs des pharisiens (Éditions Lignes, 2014). Le jury a ainsi tenu à le saluer pour l'ensemble de ses travaux consacrés à la question de l'esclavage. Il a tenu aussi à saluer sa recherche sans cesse innovante dans le domaine de l'histoire des esclavages et d'une méthode qui consiste à faire émerger ses traces enfouies grâce à la révélation des documents. Il a tenu enfin à saluer son engagement intellectuel et politique en faveur de la conscience de ce phénomène historique en vue d'une future relation sereine et apaisée entre les mémoires des peuples des mondes colonisés et colonisateurs. »


Les apports de Louis Sala-Molins dans ce domaine sont considérables, et on doit se souvenir avant tout de son ouvrage de 1987 publié aux PUF sur le Code noir (Le Code noir ou le Calvaire de Canaan). Dans la logique de la lecture engagée dont il est question ici, Louis Sala-Molins a souvent insisté sur la duplicité voire la complicité du discours des philosophes des Lumières à l'endroit de la question de l'esclavage (voir particulièrement en 1992 chez Robert Laffont Les Misères des Lumières. Sous la raison, l'outrage). Assez systématiquement, il traque ce qu'il présente comme les non-dits des prises de position des abolitionnistes du XVIIIe siècle, attribués par exemple à l'Abbé Grégoire. De la lecture engagée à la lecture préconçue, plusieurs historiens ont pu critiquer les interprétations de Sala-Molins comme outrancières. Mais c'est certainement dans la continuité d'un itinéraire qu'il faut saisir l'importante contribution de cet intellectuel résolument insoumis, à la réflexion menée autour de l'histoire de l'esclavage. La continuité et certainement aussi les soubassements, qui permettent de comprendre la cohérence d'un engagement, car Louis Sala-Molins est avant tout philosophe, universitaire spécialiste de philosophie politique et d'histoire du droit (il enseigna longtemps en Sorbonne, puis à Toulouse). C'est en 1981 que le grand public fait connaissance de ce catalan volontiers virulent quand, invité sur le plateau d'Apostrophes de Bernard Pivot, il présente son ouvrage publié en 1980 chez Galilée et consacré à l'Inquisition, Le dictionnaire des Inquisiteurs : Valence, 1494. Dans cet ouvrage, on retrouve déjà la méthode qui sera également adoptée dans les ouvrages sur l'esclavage : il s'agit pour le philosophe de faire réellement œuvre  d'historien en révélant un texte totalement méconnu (en l'occurrence, un réel « manuel » à l'usage des inquisiteurs, publié en 1494) et ce faisant, d'attirer l'attention sur une violence historique avérée, mais surtout institutionnalisée (par l'Église en l'espèce). C'est à vrai dire une réflexion au long cours que déploie l'œuvre multiforme de Sala-Molins, une réflexion de fond sur les conditions de l'institutionnalisation historique de la violence et de la domination.


Lorsqu'en 1987, Sala-Molins publie son essai sur le Code noir, il n'est pas le premier, contrairement à ce qui est souvent dit, à "exhumer" le texte, loin de là. Auparavant, l'existence, le rôle et l'importance du Code n'avaient été niés dans l'enseignement, mais faisaient plus exactement l'objet d'un traitement volontiers allusif et superficiel. En tout cas, l'ouvrage permet alors incontestablement, grâce à une analyse de fond, de remettre au cœur de l'historiographie la place du texte dans le dispositif de légitimation et de codification juridiques de l'esclavage. Il a valu à son auteur une solide réputation, et marque une date en tout cas, un point de repère essentiel dans l'étude des structures étatiques de la traite négrière. Déjà un classique, indispensable.

ITINÉRAIRES D'UN INSOUMIS

Pour la quatrième séance de la phase introductive de notre Cycle, nous recevons aujourd’hui Louis Sala-Molins, historien, philosophe, professeur émérite de philosophie politique à la Sorbonne puis à l'Université de Toulouse, et éminent spécialiste du Code noir. C’est en 1987 que Louis Sala-Molins, déjà mondialement connu pour ses travaux de référence sur l’Inquisition espagnole, publiait aux Presses universitaires de France un ouvrage qui devait faire date dans l’approche de l’esclavage colonial, Le Code noir ou le calvaire de Canaan. Un livre qui permettait de remettre au centre des préoccupations, le fameux édit royal de mars 1685, le Code noir, que le philosophe aborde comme dispositif de légitimation et de codification juridiques de l'esclavage.


Sala-Molins s'est imposé comme l’une des figures intellectuelles déterminantes à propos notamment des enjeux historiographiques et philosophiques de la traite négrière transatlantique et de l’esclavage de plantations. Édouard Glissant le considérait à ce titre, comme l’une des références majeures en matière de philosophie de l’histoire. Avec lui, nous abordons certaines questions inhérentes aux discours de l’historiographie : le paradigme de l’objectivité, les données du positivisme historique ou encore le statut de l’archive, avant d’envisager la spécificité de la démarche littéraire face à cette histoire. Nous en profitons pour examiner avec lui les données propres à 2021et au bicentenaire de Napoléon, quant aux attitudes vis-à-vis du rétablissement de l’esclavage en 1802 par le Premier Consul Bonaparte.


  

INTRODUCTION

SÉANCE N°4 : LOUIS SALA-MOLINS (professeur émérite à la Sorbonne)

CYCLE PLURIDISCIPLINAIRE DE L'INSTITUT DU TOUT-MONDE, 2021

Mémoires et littératures de l'esclavage : écrire la trace, tramer l'histoire

© INSTITUT DU TOUT-MONDE

(Édouard Glissant, Une nouvelle région du monde, 2006)

"Nous avons rendez-vous où les océans se rencontrent..."