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Voir la vidéo de Journée des Mémoires 2015 de l'ITM, "Transmettre la mémoire de l'esclavage", Paris, Maison de la Poésie 29 mai 2015. Avec Christiane Taubira, Myriam Cottias, Henriette Zoughebi, Fredéric Régent, Laurence de Cock...

À cette occasion, nous avions consacré une page à l'itinéraire intellectuel de Sala-Molins, au sein de notre "Mémorial virtuel" (cliquer ci-contre).

Dialogue entre les deux "grands témoins" et les étudiants de la Filière intégrée France-Caraïbes (FIFCA), programme international de Sciences Po Bordeaux, accompagnée par Christine Chivallon (dir. de recherche CNRS, co-fondatrice de la filière) et Florence Gaillet (co-responsable pédagogique FIFCA, Sciences Po Bordeaux). Pour la vidéo des étudiants réalisée à Sciences Po Bordeaux à laquelle il est fait allusion au cours de la séance, voir la page consacrée à la filière FIFCA.

Débat avec les deux "Grands témoins", Louis Sala-Molins (historien, philosophe, professeur émérite de philosophie politique à Paris I-Sorbonne puis à l'Université de Toulouse, spécialiste du Code noir) et Doudou Diene (juriste, diplomatre, rapporteur spécial de l'ONU sur les formes contemporaines de racisme et de discrimination, initiateur du programme "La Route de l'esclave" de l'UNESCO).

"En histoire des idées comme en histoire tout court la prétention d'objectivité pure étant irrecevable, j'avoue une fois de plus ma relativité de lecteur et de chercheur : j'essaye de lire toute cette tragédie en me glissant, autant que je le peux, non dans l'épiderme lisse et pommadé du penseur parisien, ou genevois ou bordelais ou d'où qu'il soit, mais dans la peau écorchée par le fouet et le corps mutilé de l'esclave noir aux Îles. Ce qui, sans me permettre de dire n'importe quoi ni de tricher avec mes lectures dont le choix m'appartient, m'autorise à relever l'insupportable, chaque fois qu'il éreinte la prosodie d'une réflexion parfaitement maîtrisée." (Louis Sala-Molins, "Et si je mens... Prélude à la 12e édition", Le Code noir ou le calvaire de Canaan, Paris, PUF "Quadrige", édition de 2012).

Chemin faisant, les acteurs de cette polémique ont témoigné d'une ardeur assez spécifique à viser dans leurs argumentaires confus les travaux de Louis-Sama-Molins, montrant par là-même combien ces travaux occupaient et continuent d'occuper leur psyché, mais surtout l'horizon d'une mauvaise conscience ou d'une négation forcenée de ce qu'a représenté la codification de l'esclavage colonial par l'edit royal de 1685. Dans Par-delà bien et mal, Nietzsche avait vu le philosophe comme la mauvaise conscience de son époque... Le qualificatif, en une certaine mesure, peut convenir à qualifier cette omniprésence de Sala-Molins, dans les consciences de ses sectateurs. L'Institut du Tout-Monde, choisissant cette année de rendre à Louis Sala-Molins le tribut que nous lui devons tous, veut contribuer à montrer combien l'historien philosophe est éloigné de cette lecture idéologique de l'histoire que lui reprochent ses détracteurs ou ceux qui ne l'ont pas entièrement lu : nous le faisons dans la référence avouée à l'engagement mémoriel qui fut celui d'Édouard Glissant - lui-même lecteur assidu de Sala-Molins. Le souhait avoué de ce tribut, en tout cas : que tous ceux qui n'ont pas encore lu Le Code noir ou le calvaire de Canaan le fassent avec quelque urgence, pour comprendre l'histoire et être à même d'en décrypter les enjeux, mais aussi pour savoir identifier la nature du mouvement au gré duquel les coups de boutoirs portés à l'encontre de ces écrits a pu se dérouler.


  

Reportage de Sophie Haluk sur la journée, avec un entretien spécifique avec D. Diene

Odyssées immigrées, Aligre FM,

Diffusion : vendredi 20 mai 2016

Ci-contre, le document de synthèse établi par l'UNESCO en 2014 pour le 20e aniversaire de La Route de l'esclave.

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"Par le silence universel qui l'a entourée, la violence extrême qui l'a accompagnée, la lumière troublante qu'elle jette sur l'échelle des valeurs des sociétés qui l'ont engendrée et les immenses transformations et interactions qu'elle a générées, la traite négrière transatlantique peut être comparée, sur le plan historique, à la matière invisible qui occupe, selon les astrophysiciens, la plus grande partie de l'univers et dont la présence imperceptible explique le mouvement de tous les objets célestes. Développement, droits de l'hommes, pluralisme culturel, ces grands enjeux du monde actuel sont en effet profondément marqués par un "trou noir" dans l'histoire de l'humanité : la traite négrière transatlantique. L'état de développement de l'Afrique ne peut être expliqué sans la déstructuration profonde des sociétés africaines et la saignée humaine dont l'Afrique a fait l'objet, de manière systématique, durable et organisée, pendant les siècles de la traite négrière, transsaharienne et transatlantique." (Doudou Diene, "De la traite négrière au défi du développement : réflexions sur les conditions de la paix mondiale", in La chaîne et le lien. Une vision de la traite négrière, actes de la conférence internationale de Ouidah de 1994, Paris, Éditions de l'UNESCO, "Mémoire des peuples", 1998).

En 2014, l'UNESCO a célébré les 20 ans du programme, et on pourra sur la page que nous y avions consacrée au sein du "Mémorial virtuel" de notre site "Les Mémoires des esclavages et de leurs abolitions" un certain nombre de documents et de vidéos relatifs au programme et à son étendue.

C'est d'ailleurs la notion de "parcours" qui permet le plus sûrement d'appréhender ce que représente le programme de La Route de l'esclave, dans le sens d'un renouvellement inédit des schèmes d'approche d'une "mémoire globalisée" des traites négrières. Il a été question dans cet ensemble d'envisager cette histoire, avec l'appui d'équipes de recherches d'historiens et de spécialistes du monde entier, sur le modèle chronologique mais également diachronique des itinéraires (un peu sur le modèle de ce que représenta la Route de la soie) : itinéraires géographiques, historiques, civilisationnels, anthropologiques, culturels et économiques. Cette approche est en cela exemplaire des analyses transversales qu'Édouard Glissant appelait de ses voeux en matière d'histoire de l'esclavage.

La discrétion proverbiale des fonctionnaires internationaux, qui caractérise le diplomate, juriste et humaniste sénégalais qu'est Doudou Diene, ne parvient pas à faire oublier qu'il est le fondateur du programme international d'étude, de savoir et de diffusion à ce jour le plus étendu à propos de la traite négrière, établi par l'UNESCO sous le nom de "Route de l'esclave" en 1994. De son expérience de rapporteur spécial de l'ONU sur les formes contemporaines de racisme et de discrimination, l'opiniâtreté qui fut la sienne pour fonder ce vaste programme, s'inscrit dans la cohérence d'un parcours.

Avec le soutien financier de Sciences Po Bordeaux et de l’ANR « ALTER »  Histoires orales alternatives dans la Caraïbe (XIXe-XXIe siècles) (convention n° ANR-14-CE31-0014-01)

2e PARTIE : DIALOGUE AVEC LES ÉTUDIANTS DE SCIENCES PO BORDEAUX


  

Ceux qui auraient manqué les épisodes déplorables et assez violents de cette polémique de 2015 au gré de laquelle les travaux de Sala-Molins ont été vilipendés de manière infiniment dérisoire, on pourra se reporter à la chronique qu'en propose, par différents liens, le site Madinin'art (cliquer ci-contre).

De l'importance cruciale des apports de Louis Sala-Molins à l'étude de l'histoire de l'esclavage, que dire, outre le constat où l'on est forcé, de l'étendue considérable de ce à quoi il s'est attelé en 1987 avec Le Code noir ou le calvaire de Canaan, qui a consisté en une mise en perspective inédite dans l'histoire des idées et la philosophie du droit, des conditions juridiques de légitimation de l'ordre esclavagiste ? Et pourtant, ce qui semblait aller de soi jusqu'alors, à propos de cette prééminence et de l'importance de cet apport, fut l'objet en 2015 d'une funeste polémique à la faveur de laquelle se sont fait jour à nouveau, des tendances pour le moins étonnantes d'une certaine historiographie. Il est difficile de ne pas y voir les prémisses d'un certain révisionnisme, qui s'était déjà et ô combien installé dans le paysage intellectuel depuis 2004, à la faveur d'une approche qu'on dit globale sans parvenir à faire illusion quant à une dialectique de la minoration de ce que représenta la traite transatlantique et l'esclavage colonial.

Lors de la 25e édition du Prix Carbet de la Caraïbe et du Tout-Monde, Louis Sala-Molins avait reçu une mention spéciale du jury pour son ouvrage Esclavage Réparation. Les lumières des capucins et les lueurs des pharisiens (Lignes, 2014).

Lien : site de la compagnie

Présences-Monde

Gabriel Tamalet

3e PARTIE : "AJOURS DE CALE - ÉCLATS / CLAMEURS"

Proposition scénique, par le metteur en scène Gabriel Tamalet, avec Flavien Airault, Amélia Ewu, Guillaume-Harry Françoise, Sarah Mouline, Sebastián Sarasa Molina, Gabriel Tamalet. Conseiller artistique : Sophie Bourel. Pour la compagnie Présences-Monde.

  

Ceux qui auraient manqué les épisodes déplorables et assez violents de cette polémique de 2015 au gré de laquelle les travaux de Sala-Molins ont été vilipendés de manière infiniment dérisoire, on pourra se reporter à la chronique qu'en propose, par différents liens, le site Madinin'art (cliquer ci-contre).

Loin des propos convenus et attendus dans le cadre des circonstances commémoratives, notre invitation à ces deux acteurs clés visait donc cette année une contribution mémorielle qui sache, par ce tribut lui-même, dire le passage de relais. Pour autant, nous n'avions pas prévu que nos deux invités pourraient nous rappeler à ce point et avec la hauteur de vue qui les caractérise, l'urgence et l'acuité d'une vigilance indispensable devant le devenir de la célébration commémorative de la mémoire de l'esclavage. L'un comme l'autre ont su transmettre ce jour-là l'ardeur nécessaire à cette vigilance, seule modalité propre à nous prémunir contre les assoupissements de la claire conscience de ce que l'on commémore le 10 mai : ce sont deux ouvriers de la conscience historique que l'on a encore vu à l'œuvre lors de cette rencontre, n'hésitant pas à attirer l'attention des uns et des autres devant les risques d'un geste commémoratif devenu machinal au fil du temps et nous invitant à conjuguer la mémoire au présent.

Le tribut de tous et de chacun envers Louis Sala-Molins et Doudou Diene

1ère PARTIE : "MÉMOIRES ET HISTOIRE CONJOINTES"


  

  

  

Mardi 10 mai 2016,  14h-19h, Cité internationale des Arts

JOURNÉE DES MÉMOIRES / Les 10 ans de l'ITM - Coordination et présentation : Loïc Céry (ITM)

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Cette journée s’inscrivait dans le cadre de l’édition 2016 du « Mois des mémoires de l’esclavage et des combats pour l’égalité » mis en place par le CNMHE et a marqué à la fois l’apport de l’Institut du Tout-Monde à l’ensemble des manifestations prévues dans le cadre de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, et l’amorce du 10e anniversaire de l’ITM, fondé par Édouard Glissant en 2006. Pour cet événement, l'Institut du Tout-Monde avait l'honneur d'accueillir deux "Grands témoins" qui sont des acteurs-clés de cette mémoire et qui on su, chacun à leurs places respectives, porter haut et loin le flambeau d'une conscience internationale du crime esclavagiste. La redécouverte et l'intelligibilité du Code noir, inséparables du travail précurseur de Louis Sala-Molins, ont contribué à éclairer les consciences. Le programme international de "La Route de l'esclave" mené par l'UNESCO sous l'inspiration de Doudou Diene, a su donner force et vigueur à un regard partagé sur les traites. Dans le sillage des célébrations mémorielles que nous connaissons chaque année, le moment est venu de dire notre tribut collectif à ces deux ouvriers fondamentaux des mémoires, non dans le sens d'un simple hommage lénifiant auquel n'aspirent pas ces esprits libres, mais dans le sens d'un dialogue actif, pour continuer avec eux la route qu'ils ont ouverte.







  

(Édouard Glissant, Une nouvelle région du monde, 2006)

"Nous avons rendez-vous où les océans se rencontrent..."

  

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